Comprendre ce que signifie vraiment « aide à la marche personne agee » en maison de retraite
Pourquoi l’aide à la marche est si importante en maison de retraite
En maison de retraite, l’aide à la marche de la personne âgée ne se résume pas à tenir un bras ou à prêter un déambulateur. C’est un ensemble de gestes, de matériels et d’attentions qui visent à préserver la mobilité, la sécurité et la vie sociale de la personne.
Concrètement, aider à la marche, c’est :
- évaluer les capacités physiques et le poids de la personne âgée pour choisir le bon cadre marche ou déambulateur ;
- adapter l’appui (bras, barre, cadre, rollator) selon l’équilibre et la fatigue ;
- assurer une prise sécurisée pour limiter le risque de chute ;
- proposer, si besoin, un fauteuil roulant ou un fauteuil de transfert pour les trajets plus longs ;
- encourager la personne à se déplacer pour maintenir son autonomie et ses liens sociaux.
Cette aide à la marche s’inscrit dans une démarche globale de soin médical, de prévention des chutes et de soutien psychologique. Elle est au cœur du projet de vie en établissement, au même titre que l’accompagnement aux repas ou aux soins d’hygiène.
Différentes formes d’aide à la marche au quotidien
Dans une maison de retraite, l’aide marche prend plusieurs formes, qui peuvent évoluer au fil du temps. Une personne peut commencer par marcher avec un simple cadre ou une canne, puis avoir besoin d’un déambulateur à roues, voire d’un fauteuil pour certains déplacements.
On distingue généralement :
- L’aide humaine : un soignant ou un aidant qui offre un appui, donne le rythme, rassure, corrige la posture.
- Les aides techniques à la marche :
- cadres marche simples pour un appui stable ;
- déambulateur fixe ou déambulateur roues pour faciliter l’avancée ;
- déambulateur rollator avec roues rollator, siège et parfois chariot course intégré ;
- fauteuil roulant ou fauteuil transfert pour les personnes très fatigables.
- Les solutions de mobilité élargie : pour certains résidents, un scooter électrique 4 roues peut compléter l’aide marche pour les sorties extérieures et préserver la vie sociale.
Chaque produit ou matériel aide à la marche doit être choisi en fonction de la personne âgée, de son environnement et de ses objectifs : se rendre à la salle à manger, participer aux animations, sortir dans le jardin, aller chez le médecin, etc. Les sections suivantes détailleront les risques de chute, le rôle du personnel soignant et les critères de choix des différents dispositifs comme le rollator ou le cadre marche.
Une aide à la marche qui dépasse le simple matériel
On pense souvent à l’aide mobilité uniquement sous l’angle du matériel : déambulateur let, rollator, scooter électrique, fauteuil roulant. En réalité, l’enjeu principal reste la sécurité et la qualité de vie de la personne âgée.
Pour qu’une aide marche soit vraiment efficace, il faut :
- un cadre marche ou un rollator adapté à la taille, au poids et à la force de la personne ;
- un environnement sécurisé (sols, éclairage, barres d’appui) qui limite les obstacles ;
- un accompagnement régulier par l’équipe soignante pour ajuster les réglages, vérifier l’état des roues et des freins ;
- une prise en compte de la dimension sociale : encourager la personne à sortir de sa chambre, à participer aux activités, à aller au restaurant de l’établissement.
L’aide à la marche est donc un équilibre entre sécurité, autonomie et respect du rythme de la personne. Un déambulateur rollator mal réglé, un fauteuil trop lourd ou un chariot course mal manié peuvent au contraire augmenter le risque de chute. C’est pour cela que le rôle du personnel soignant et l’adaptation de l’environnement seront développés plus loin.
Ce que recouvre concrètement le « matériel d’aide à la marche »
Dans le langage courant, on parle de « déambulateur » pour tout. En réalité, il existe plusieurs catégories de matériel aide à la marche, avec des usages et des niveaux de prix différents. Comprendre ces nuances aide les familles à mieux dialoguer avec l’équipe médicale et à anticiper les besoins.
On retrouve notamment :
- Les cadres marche : structures légères, sans roues ou avec deux roues à l’avant, offrant un appui très stable. Ils sont adaptés aux personnes qui ont besoin de se sentir « encadrées » pour avancer.
- Les déambulateurs à roues :
- déambulateur roues simple, parfois appelé déambulateur let selon les modèles ;
- rollator roues (souvent 3 ou 4 roues) avec freins, siège, panier ou chariot course intégré.
- Les fauteuils :
- fauteuil roulant manuel pour les déplacements plus longs ou en cas de grande fatigue ;
- fauteuil transfert pour passer du lit au fauteuil ou du fauteuil à la salle de bain en limitant les efforts.
- Les solutions motorisées : scooter électrique, parfois proposé pour les résidents ayant encore de bonnes capacités de conduite et un environnement adapté.
Chaque type de produit a ses contraintes de stock, de poids, de maniabilité, de prise sécurité (freins, poignées), et bien sûr de prix. Certains dispositifs peuvent bénéficier d’un remboursement Sécurité sociale, d’autres non. Les modalités de prise en charge dépendent du caractère médical du matériel et de la prescription. Ces aspects financiers et logistiques (commande, livraison, let out ou prêt par l’établissement) sont souvent mal expliqués aux familles et seront éclaircis lorsque l’on abordera plus en détail les aides techniques.
Un enjeu de sécurité mais aussi de dignité
Enfin, comprendre ce que signifie vraiment l’aide à la marche en maison de retraite, c’est accepter qu’il ne s’agit pas seulement d’éviter les chutes. La marche, même avec un cadre marche ou un rollator, reste un symbole fort de dignité et d’autonomie pour la personne âgée.
Pouvoir se rendre seule, avec son déambulateur rollator, jusqu’à la salle de restaurant ou au jardin, c’est :
- garder la maîtrise de ses déplacements ;
- continuer à choisir ses activités ;
- maintenir des relations sociales au quotidien ;
- limiter le recours systématique au fauteuil roulant ou au fauteuil transfert.
C’est pourquoi l’aide à la marche doit être pensée de manière globale : sécuriser la marche, adapter le matériel, impliquer le personnel soignant et la famille, tout en respectant le projet de vie de chaque personne âgée. Les sections suivantes reviendront en détail sur les risques de chute, le rôle du personnel et les critères de choix des différentes aides marche.
Les risques de chute : un sujet central mais souvent mal expliqué
Pourquoi le risque de chute est si élevé en maison de retraite
En maison de retraite, la marche reste un geste du quotidien, mais le corps de la personne âgée n’y répond plus comme avant. La force musculaire diminue, l’équilibre est plus fragile, la vue baisse, certains traitements médicaux donnent des vertiges. Tout cela augmente le risque de chute, même sur un sol plat, même pour quelques pas entre le lit et le fauteuil.
La perte de mobilité ne touche pas seulement le corps. Elle a aussi un impact sociale : peur de tomber, repli sur soi, refus de participer aux activités, demande plus fréquente du fauteuil roulant ou du fauteuil de transfert pour se déplacer. C’est pour cela que l’aide à la marche ne se résume pas à donner un déambulateur ou un cadre marche. Elle doit s’inscrire dans un véritable projet d’accompagnement, en lien avec l’équipe médicale et la famille.
Comprendre les conséquences d’une chute pour la personne âgée
Une chute n’est jamais « anodine » en maison de retraite. Les conséquences peuvent être physiques, psychologiques et sociales.
- Physiques : fractures (hanche, poignet), hématomes, douleurs persistantes, perte de force et de mobilité. Après une chute, la marche devient souvent plus hésitante, même avec une aide marche comme un déambulateur rollator ou un cadre marche.
- Psychologiques : peur de se relever, perte de confiance, anxiété à chaque déplacement. La personne âgée peut demander systématiquement un fauteuil ou un scooter électrique pour éviter de marcher.
- Sociales : moins de participation aux repas en salle commune, aux animations, aux sorties. La personne reste davantage dans sa chambre, ce qui accentue la perte d’autonomie et la dépendance à l’aide mobilité.
Une seule chute peut donc entraîner un cercle vicieux : moins de marche, plus de fauteuil roulant, plus de poids sur les soignants, et une dégradation globale de l’état de santé.
Les principaux facteurs de risque à repérer au quotidien
Pour mieux prévenir, il faut d’abord repérer les situations à risque. En maison de retraite, plusieurs éléments se combinent.
- Facteurs liés à la personne : troubles de l’équilibre, maladies neurologiques, douleurs articulaires, baisse de la vue ou de l’audition, fatigue, dénutrition, prise de plusieurs médicaments (somnifères, anxiolytiques, antihypertenseurs…).
- Facteurs liés à la marche : absence d’appui stable, mauvais réglage du déambulateur roues, rollator roues trop lourd pour le poids de la personne, cadre marche inadapté à la taille ou à la force, chaussures non sécurisées.
- Facteurs liés à l’environnement : sols glissants, tapis, éclairage insuffisant, mobilier mal placé, absence de prise sécurité près du lit ou dans la salle de bain, manque de barres d’appui dans les couloirs.
Le matériel aide à la marche (déambulateur let, déambulateur rollator, cadres marche, chariot course, fauteuil transfert) doit être choisi avec soin, en tenant compte du cadre de vie, de la mobilité réelle et de la capacité d’appui de la personne âgée. Un produit mal adapté peut augmenter le risque de chute au lieu de le réduire.
Le lien entre matériel de marche et sécurité
Les aides marche sont indispensables, mais elles ne sont pas sans risque. Un rollator mal réglé, avec des roues usées ou un cadre trop large pour les couloirs, peut devenir un danger. De même, un déambulateur roues trop léger peut se dérober si la personne prend un appui trop fort, alors qu’un modèle trop lourd limite la mobilité.
Quelques points de vigilance sur le matériel aide :
- Cadre et poids : le cadre marche ou le rollator doit être stable, mais pas trop lourd. Le poids doit rester compatible avec la force de la personne et la configuration de la maison de retraite.
- Roues et freins : les roues rollator doivent rouler sans à-coups, les freins être faciles à actionner, surtout pour des mains fragiles ou douloureuses. Une mauvaise prise sur les poignées peut entraîner une perte de contrôle.
- Adaptation au projet de vie : chariot course pour les personnes encore actives, déambulateur let out pour les sorties extérieures, fauteuil roulant pour les longs trajets, scooter électrique pour certains profils très spécifiques, toujours après avis médical.
La question du prix, du stock disponible et de la livraison ne doit pas faire oublier la priorité : la sécurité. Un produit moins cher mais mal adapté peut coûter beaucoup plus cher en cas de chute. Il est utile de vérifier aussi les conditions de remboursement sécurité sociale pour certains dispositifs médicaux, notamment les déambulateurs et cadres marche.
Chute, lit et transferts : des moments critiques
Les chutes surviennent très souvent lors des transferts : se lever du lit, passer du lit au fauteuil, aller aux toilettes la nuit. Ces moments demandent une aide à la marche particulièrement attentive, parfois avec deux soignants, parfois avec un fauteuil transfert ou un fauteuil roulant pour sécuriser le déplacement.
Le confort et la sécurité autour du lit jouent un rôle important. Un aménagement adapté, avec un espace suffisant pour le cadre marche ou le déambulateur, une bonne prise sécurité sur les murs, et des accessoires comme l’arceau de lit pour pieds, peut limiter les mouvements brusques et les faux pas au lever.
Dans certains cas, le recours à du matériel plus spécifique, classé comme dispositif médical, doit être discuté avec le médecin et l’équipe soignante : lit médicalisé, aides mobilite pour les transferts, voire scooter électrique pour les déplacements extérieurs encadrés. Là encore, la question du remboursement sécurité et des modalités de prise en charge doit être clarifiée avec la famille.
Prévenir les chutes sans enfermer la personne âgée
La tentation peut être grande de tout faire à la place de la personne âgée pour éviter la chute. Mais limiter la marche de manière excessive entraîne une perte rapide de force, de mobilité et d’autonomie. L’enjeu est donc d’ajuster l’aide, pas de supprimer le mouvement.
Concrètement, cela signifie :
- encourager la marche accompagnée, avec un appui humain et un matériel adapté ;
- adapter le cadre de vie pour réduire les obstacles plutôt que multiplier les interdits ;
- former le personnel à l’utilisation correcte des aides marche et à l’évaluation des risques ;
- associer la famille aux choix de matériel (déambulateur, rollator, fauteuil, scooter électrique) et à la compréhension des limites de chaque produit.
La prévention des chutes est donc un travail d’équilibre : protéger sans immobiliser, sécuriser sans priver la personne âgée de sa liberté de mouvement. Les sections consacrées au rôle du personnel soignant, aux aides techniques à la marche et à l’aménagement de l’environnement viendront compléter cette approche globale de la sécurité.
Le rôle clé du personnel soignant dans l’accompagnement à la marche
Une présence au quotidien, bien au delà du simple « soutien physique »
En maison de retraite, l’aide à la marche ne se résume pas à tenir un bras ou pousser un fauteuil roulant. Le personnel soignant joue un rôle central, à la fois physique, médical et sociale. Chaque geste autour de la marche est pensé pour préserver la mobilité, la sécurité et la dignité de la personne âgée.
Concrètement, l’équipe (infirmiers, aides soignants, kinésithérapeutes, ergothérapeutes) observe au quotidien la façon de marcher, la fatigue, l’équilibre, la peur de tomber. Ces observations complètent les évaluations médicales et permettent d’ajuster les aides marche : simple appui sur le bras, cadre marche, déambulateur, rollator, voire fauteuil transfert ou fauteuil roulant quand la marche devient trop risquée.
Évaluer les capacités de marche et choisir le bon matériel
Avant de proposer un déambulateur ou un rollator, le personnel soignant réalise une véritable évaluation de la marche : vitesse, longueur des pas, capacité à tourner, à se lever d’un fauteuil, à franchir un seuil de porte. Cette évaluation est souvent faite en lien avec le médecin et les rééducateurs, car elle a un impact direct sur la sécurité et le risque de chute.
Plusieurs critères sont pris en compte pour choisir le bon matériel aide :
- Le niveau d’équilibre : une personne très instable aura besoin d’un cadre marche ou de cadres marche très stables, parfois avec prise securite renforcée.
- La force dans les bras : pour utiliser un déambulateur roues ou un rollator roues, il faut pouvoir freiner, tourner, gérer le poids du produit.
- L’environnement : couloirs étroits, ascenseurs, tapis, pentes… influencent le choix entre un simple cadre, un déambulateur rollator ou un chariot course adapté.
- Les habitudes de vie : certains résidents sortent dans le jardin, vont à la salle d’animation, au restaurant de l’établissement ; leur aide mobilite doit suivre ces déplacements.
Le personnel soignant doit aussi connaître les différents produits disponibles dans le stock de la maison de retraite : type de cadre, nombre de roues, présence d’un siège, d’un panier, d’un système de freinage, mais aussi le prix et les possibilités de remboursement securite via la securite sociale ou une mutuelle. Cette dimension économique compte pour les familles, surtout quand il faut acheter un déambulateur let ou un rollator plus spécifique.
Pour certains profils très fragiles, l’équipe peut recommander une canne quadripode comme appui supplémentaire, en complément ou en alternative à un cadre marche classique. Là encore, le rôle du personnel est d’expliquer, rassurer et vérifier que la personne âgée utilise correctement son aide marche.
Accompagner les déplacements : gestes techniques et vigilance permanente
Au quotidien, le personnel ne se contente pas de « donner » un déambulateur ou un rollator. Il accompagne la personne âgée dans chaque étape de la marche :
- Aider à se lever du fauteuil ou du lit, en sécurisant la prise sur l’appui et en évitant les tractions dangereuses.
- Positionner correctement le cadre marche ou le déambulateur roues devant la personne, vérifier les freins, les roues rollator, la hauteur des poignées.
- Guider les premiers pas, ajuster la vitesse, encourager sans forcer, repérer les signes de fatigue ou de douleur.
- Assurer les transferts vers le fauteuil transfert, le fauteuil roulant ou le lit, en limitant les risques pour le dos du soignant et pour la personne âgée.
Cette vigilance est particulièrement importante dans les moments « à risque » : sortie de la salle de bain, trajet vers la salle à manger, retour en chambre en fin de journée. Le personnel doit anticiper les obstacles, vérifier que le sol est sec, que les câbles électriques ne gênent pas la marche, que le cadre ou le déambulateur let n’est pas coincé dans un tapis.
Dans certains établissements, l’équipe organise aussi des ateliers de marche ou de gym douce. Ces temps collectifs ont un double objectif : travailler la mobilite et maintenir le lien sociale. La marche devient alors un moment de vie, pas seulement un acte médical.
Informer les familles sur les aides techniques et leur prise en charge
Le personnel soignant joue également un rôle d’interface entre la personne âgée, la famille et les fournisseurs de materiel aide. Quand un nouveau déambulateur, un rollator ou un chariot course est nécessaire, l’équipe peut :
- Expliquer les différences entre les modèles (cadre fixe, déambulateur roues, rollator roues avec siège, déambulateur let plus léger, etc.).
- Préciser les délais de livraison, la gestion du stock dans l’établissement et les conditions d’entretien.
- Informer sur le remboursement securite par la securite sociale et les éventuels compléments par les mutuelles.
- Aider à choisir un produit adapté au poids, à la taille et au niveau d’autonomie de la personne âgée.
Pour certains résidents qui sortent encore à l’extérieur, la question d’un scooter electrique peut se poser. Même si ce type d’aide mobilite est plus souvent abordé en amont, à domicile, le personnel de la maison de retraite peut donner un avis médical et de sécurité, notamment sur la capacité réelle à gérer la conduite, les obstacles, la circulation.
Enfin, l’équipe veille à ce que le matériel reste adapté dans le temps. Une aide marche choisie il y a un an peut ne plus convenir aujourd’hui si la marche s’est dégradée ou, au contraire, si la personne a progressé grâce à la rééducation. Le rôle du personnel est alors de proposer des ajustements, voire de « let out » un ancien équipement devenu inadapté, pour en introduire un nouveau plus sécurisé.
Créer un climat de confiance pour oser continuer à marcher
Au delà de l’aspect technique, l’accompagnement à la marche repose sur la relation de confiance. Après une chute, beaucoup de résidents ont peur de se lever, même avec un cadre marche ou un déambulateur rollator. Le personnel soignant doit alors :
- Écouter les craintes, expliquer les mesures de securite mises en place.
- Montrer comment utiliser correctement l’appui sur le cadre ou le rollator, comment freiner, comment tourner.
- Valoriser chaque progrès, même modeste, pour éviter le repli sur le fauteuil roulant.
- Impliquer la famille, en lui expliquant comment aider sans mettre en danger la personne âgée ni elle même.
Cette dimension humaine est essentielle. Sans elle, même le meilleur cadre marche ou le plus sophistiqué des déambulateurs roues restera dans un coin de la chambre. Avec un accompagnement bienveillant, cohérent avec l’aménagement de l’environnement et la prévention des chutes, la marche redevient possible, et surtout, elle reste un vecteur d’autonomie et de lien sociale au sein de la maison de retraite.
Les aides techniques à la marche : cannes, déambulateurs, fauteuils… comment choisir
Choisir la bonne aide à la marche : une décision à ne pas prendre à la légère
En maison de retraite, le choix d’un cadre de marche, d’un déambulateur ou d’un fauteuil roulant ne se résume pas à feuilleter un catalogue de matériel médical. C’est un véritable projet d’aide à la marche, qui doit tenir compte de la santé de la personne âgée, de sa mobilité, de son environnement et aussi de sa vie sociale au quotidien.
Avant de parler de prix ou de remboursement Sécurité sociale, l’équipe soignante évalue :
- la force musculaire et l’équilibre ;
- le poids et la taille de la personne ;
- la capacité à utiliser ses mains pour la prise et l’appui ;
- le risque de chute déjà évoqué avec le personnel médical ;
- les trajets habituels dans la maison de retraite (chambre, salle à manger, jardin, activités sociales).
Cette évaluation permet de choisir un produit adapté, et pas seulement un matériel « en stock » dans le service.
Cadres de marche et déambulateurs : quelles différences concrètes ?
On confond souvent cadre marche et déambulateur, pourtant leur usage n’est pas le même. Le cadre de marche classique est un support fixe, sans roues, qui offre un appui très stable mais demande plus d’effort. Le déambulateur, lui, peut être équipé de roues et facilite la marche sur des distances un peu plus longues.
| Type d’aide marche | Caractéristiques | Pour quel profil de personne âgée ? |
|---|---|---|
| Cadre de marche fixe | Sans roues, très stable, appui important, poids souvent léger | Personne très à risque de chute, marche lente, besoin de sécurité maximale |
| Cadre de marche avec roues | Deux roues à l’avant, appui sécurisé, bonne maniabilité | Personne pouvant avancer mais ayant besoin d’un soutien constant |
| Déambulateur roues / rollator | 3 ou 4 roues, souvent avec siège, panier ou chariot course | Personne encore autonome, souhaitant garder une vie sociale active |
Le déambulateur rollator est aujourd’hui très répandu en maison de retraite. Ce rollator à roues offre un bon compromis entre sécurité et liberté de mouvement. Certains modèles de rollator roues disposent d’un siège pour se reposer, d’un panier ou d’un chariot course pour transporter des objets, ce qui renforce l’autonomie et la participation aux activités sociales.
Il existe aussi des modèles spécifiques comme le déambulateur let ou le déambulateur let out, pensés pour un usage intérieur ou extérieur. Là encore, le choix doit être guidé par l’équipe médicale, en fonction des capacités de marche et des habitudes de la personne âgée.
Roues, poids, appui : des détails techniques qui changent tout
Pour un œil non averti, tous les cadres marche et déambulateurs se ressemblent. Pourtant, plusieurs critères techniques influencent directement la sécurité et le confort :
- Le poids du matériel : un produit trop lourd sera difficile à manœuvrer, un produit trop léger pourra manquer de stabilité.
- Le nombre et le type de roues : un déambulateur roues avec 4 roues rollator sera plus fluide, mais demande une bonne maîtrise de la direction et du freinage.
- La hauteur des poignées : mal réglée, elle peut provoquer douleurs d’épaules, de dos ou mauvaise posture de marche.
- La qualité de la prise : poignées ergonomiques, prise sécurité antidérapante, diamètre adapté à la main.
- La largeur du cadre : il doit passer facilement les portes, couloirs et ascenseurs de la maison de retraite.
Le personnel soignant joue un rôle clé pour ajuster ces paramètres, vérifier régulièrement l’état des roues rollator, des freins, des embouts antidérapants, et signaler tout problème de matériel aide à la marche.
Fauteuil roulant, fauteuil de transfert et scooter électrique : quand la marche devient trop difficile
Dans certaines situations, malgré les aides marche, la personne âgée ne peut plus se déplacer en sécurité sur de longues distances. Le recours à un fauteuil roulant ou à un fauteuil transfert devient alors une solution pour préserver la mobilité et la participation aux activités sociales.
Le fauteuil de transfert est généralement plus léger, utilisé pour de courts trajets avec l’aide d’un soignant ou d’un proche. Le fauteuil roulant, lui, peut être auto propulsé par la personne ou poussé par un tiers. Là encore, le choix dépend du niveau d’autonomie, du poids, de la force dans les bras et du projet de vie en maison de retraite.
Dans certains établissements, on voit aussi apparaître des scooters électriques pour personnes âgées. Ils ne remplacent pas l’aide marche, mais complètent la palette des solutions de mobilité, notamment pour les résidents qui souhaitent se déplacer plus loin dans le parc ou à l’extérieur, tout en gardant un certain contrôle sur leurs déplacements.
Prix, stock, livraison et remboursement : ce qu’il faut savoir
Le coût d’un cadre marche, d’un déambulateur rollator ou d’un fauteuil roulant varie beaucoup selon la qualité du matériel, les options (freins, siège, chariot course, roues renforcées) et la marque. En maison de retraite, une partie du matériel peut être déjà en stock, mais ce n’est pas toujours la meilleure solution pour une aide mobilite vraiment personnalisée.
En France, certains dispositifs d’aide marche sont pris en charge par la Sécurité sociale, sous conditions et sur prescription médicale. Le remboursement Sécurité sociale ne couvre pas toujours l’intégralité du prix, mais il permet de réduire le reste à charge. Il est important de :
- vérifier la liste des produits remboursables ;
- demander un devis détaillé au fournisseur de matériel médical ;
- se renseigner sur les délais de livraison et les conditions de maintenance.
Le personnel de la maison de retraite, en lien avec la famille, peut accompagner ces démarches, pour éviter des achats inadaptés ou des délais trop longs entre la prescription et la mise à disposition de l’aide marche.
Impliquer la personne âgée dans le choix de son matériel d’aide à la marche
Enfin, un point souvent sous estimé : l’acceptation de l’aide mobilite par la personne âgée. Un déambulateur ou un cadre marche imposé, sans explication, risque d’être peu utilisé, voire rejeté. Or, l’objectif reste de sécuriser la marche tout en préservant l’estime de soi et la vie sociale.
Quelques bonnes pratiques observées sur le terrain :
- laisser la personne tester plusieurs modèles de cadres marche ou de déambulateur roues ;
- expliquer clairement le lien entre aide marche, sécurité et prévention des chutes ;
- montrer comment régler la hauteur, comment utiliser les freins, comment s’asseoir sur un rollator avec siège ;
- associer la famille à ces essais, pour qu’elle comprenne le choix du produit et puisse le soutenir.
Quand la personne âgée se sent actrice de ce choix, l’aide à la marche devient moins un signe de dépendance qu’un outil concret pour continuer à se déplacer, participer aux activités et garder une place pleine et entière dans la vie de la maison de retraite.
Adapter l’environnement de la maison de retraite pour sécuriser la marche
Organiser les espaces pour une marche plus sereine
En maison de retraite, l’environnement joue un rôle aussi important que le deambulateur ou le cadre marche. Un bon aménagement peut réduire fortement le risque de chute et favoriser la mobilite de chaque personne agee.
Les circulations doivent être pensées comme de vrais parcours de marche :
- Couloirs larges, sans obstacles, permettant le passage d’un fauteuil roulant, d’un rollator ou d’un chariot course.
- Revêtements de sol antidérapants, sans seuils ni tapis qui se replient.
- Éclairage homogène, sans zones d’ombre, avec une prise securite bien positionnée pour éviter les rallonges au sol.
- Espaces de repos réguliers avec chaises stables et bons appui pour se relever.
Ce cadre rassurant permet au personnel medical d’ajuster plus facilement chaque aide marche ou aide mobilite selon les capacités de la personne.
Sécuriser les déplacements avec les aides techniques
Une fois l’environnement adapté, il faut vérifier que les aides marche sont bien intégrées dans le quotidien. Un deambulateur, un deambulateur rollator ou un cadre marche mal réglé peut devenir un facteur de risque plutôt qu’une aide.
Points de vigilance concrets :
- Hauteur des poignées adaptée à la taille et au poids de la personne agee.
- Roues en bon état, notamment pour le deambulateur roues et le rollator roues.
- Freins efficaces sur le deambulateur let ou le deambulateur rollator, testés régulièrement.
- Vérification du cadre et de la stabilité des cadres marche et du cadre marche.
Le personnel soignant doit aussi anticiper les moments sensibles : transferts vers le fauteuil, le fauteuil transfert ou le fauteuil roulant, déplacements vers la salle de bain, accès à la salle à manger. Chaque trajet est pensé avec une aide adaptée pour renforcer la securite.
Gérer le stock et le suivi du materiel d’aide à la marche
Pour que la prise en charge reste cohérente, la maison de retraite doit disposer d’un stock suffisant de materiel aide : deambulateur, rollator, cadres marche, mais aussi chariot course ou scooter electrique pour certains profils.
Une bonne organisation repose sur quelques principes simples :
- Inventaire régulier du materiel et de son état.
- Traçabilité des prêts d’aide marche à chaque resident.
- Planification de la maintenance (freins, roues rollator, structure du cadre marche).
- Anticipation des besoins pour éviter les ruptures de stock lors d’une nouvelle admission.
La question du prix et du remboursement securite est également importante. Certains produits d’aide mobilite peuvent être pris en charge en partie par la securite sociale, selon la prescription medicale et la catégorie du dispositif (par exemple un deambulateur ou un fauteuil roulant standard). Les familles ont intérêt à se renseigner auprès de la direction et du service social de l’établissement pour comprendre ce qui relève de la location, de l’achat, ou d’un financement extérieur.
Intégrer la dimension sociale dans les parcours de marche
Adapter l’environnement, ce n’est pas seulement poser des barres d’appui ou acheter un nouveau deambulateur let. C’est aussi penser la marche comme une activité sociale à part entière.
Concrètement, cela signifie :
- Créer des lieux de vie accessibles avec aides marche : salon, bibliothèque, jardin.
- Organiser des ateliers de marche accompagnée, en petit groupe, avec deambulateur roues, rollator ou cadre marche.
- Prévoir des trajets sécurisés pour les sorties, y compris pour les personnes en fauteuil roulant ou utilisant un scooter electrique.
Ces aménagements encouragent la personne agee à se lever, à se déplacer, à garder confiance en ses capacités. L’aide mobilite n’est plus seulement medicale, elle devient un véritable soutien à la vie quotidienne et au lien social.
Livraison, renouvellement et ajustement des équipements
Enfin, l’adaptation de l’environnement passe aussi par la gestion pratique des équipements : choix, commande, livraison, installation. Lorsqu’un nouveau deambulateur rollator ou un nouveau fauteuil transfert arrive, il ne suffit pas de le laisser dans la chambre.
Pour que le materiel aide soit réellement utile :
- Le personnel medical vérifie la conformité du produit à la prescription.
- Un temps est consacré aux réglages (hauteur, poids supporté, type de roues).
- La personne agee est accompagnée dans la prise en main, avec des consignes simples de securite.
Dans certains cas, il peut être nécessaire de let out ou de let un équipement inadapté, puis de le remplacer par un autre modèle mieux ajusté. L’important est que chaque aide marche s’intègre harmonieusement dans le cadre de vie, sans gêner les autres residents ni créer de nouveaux risques. Cette vigilance continue permet de maintenir un haut niveau de securite tout en soutenant l’autonomie.
La place de la famille dans le maintien de la marche et de l’autonomie
Créer une continuité entre la marche en maison de retraite et la vie familiale
Pour une personne âgée, la marche n’est pas qu’une question de muscles ou de matériel médical. C’est aussi un lien avec sa vie d’avant, ses habitudes, sa famille. Quand la maison de retraite et les proches avancent dans le même sens, la marche et la mobilité se maintiennent plus longtemps, avec plus de sécurité.
Concrètement, cela signifie que la famille a un rôle à jouer dans le choix et l’usage des aides marche, mais aussi dans la façon d’organiser les visites, les sorties, les transferts fauteuil roulant ou fauteuil transfert, et même les petits trajets dans le cadre de la vie sociale quotidienne.
Comprendre et respecter le projet de marche de la personne âgée
Avant de parler de déambulateur, de rollator ou de scooter electrique, il est essentiel que la famille comprenne le projet de marche défini avec l’équipe soignante. Ce projet prend en compte :
- l’état de santé médical et les contre indications ;
- la force musculaire, l’équilibre, le poids et la fatigue ;
- les risques de chute et les besoins de securite ;
- les envies de la personne âgée : marcher dans le jardin, aller au chariot course, participer aux activités sociales, etc.
Les proches peuvent demander à assister à une séance de marche avec un professionnel (kinésithérapeute, ergothérapeute, infirmier) pour voir comment se positionner, où placer leurs mains pour un bon appui, comment utiliser un cadre marche ou un deambulateur roues sans mettre la personne en danger.
Bien utiliser les aides techniques à la marche lors des visites
Les aides marche ne sont efficaces que si elles sont utilisées de la même façon par tout le monde. Quand la famille vient en visite, elle peut être tentée de « faire vite » ou de porter la personne pour gagner du temps. Cela peut, au contraire, augmenter le risque de chute et diminuer l’autonomie.
Quelques repères utiles pour les proches :
- Cadre marche et cadres marche : vérifier que le cadre est bien adapté à la taille, que la prise est confortable, que le poids du corps est réparti correctement sur l’appui. Ne pas tirer la personne, la laisser avancer à son rythme.
- Deambulateur et deambulateur rollator : s’assurer que les freins fonctionnent, que les roues rollator ne sont pas bloquées par un tapis ou un seuil. Le deambulateur let ou deambulateur roues doit rester stable, sans sac trop lourd accroché dessus.
- Rollator : ce produit est souvent plus maniable, mais il peut rouler trop vite si la personne manque de force. La famille doit vérifier la prise securite sur les poignées et encourager une marche lente et contrôlée.
- Fauteuil roulant ou fauteuil transfert : apprendre les bons gestes de transfert avec le personnel pour éviter les faux mouvements. Ne pas improviser, surtout si la personne a des troubles de l’équilibre ou des douleurs.
Demander au personnel soignant de montrer les bons gestes n’est pas une gêne, c’est une vraie aide mobilite pour la personne âgée.
Choisir et financer le matériel avec l’équipe soignante
La famille est souvent impliquée dans l’achat ou la location de materiel aide à la marche : deambulateur, rollator roues, cadre marche, fauteuil roulant, voire scooter electrique pour certains résidents. Il est important de ne pas se baser uniquement sur le prix ou sur le stock disponible chez un fournisseur.
Avant toute prise de décision, il est recommandé :
- de demander un avis médical (médecin, kinésithérapeute, ergothérapeute) sur le type de produit adapté ;
- de vérifier si un remboursement securite ou un remboursement securite sociale est possible pour ce materiel ;
- de comparer les caractéristiques : poids, largeur du cadre, type de roues, stabilité, facilité de prise en main ;
- de s’assurer que le produit est compatible avec l’environnement de la maison de retraite (couloirs, ascenseurs, chambres).
Les proches peuvent aussi se renseigner sur les délais de livraison, les conditions de let out (location), la possibilité d’essayer le materiel avant achat, ou de changer de modèle si le cadre marche ou le deambulateur let ne convient finalement pas.
Maintenir une vie sociale active autour de la marche
La marche est aussi un moyen de rester inséré dans la vie sociale de l’établissement. La famille peut jouer un rôle clé pour encourager cette dimension :
- en proposant de petites sorties adaptées au niveau de mobilite (jardin, terrasse, hall d’entrée) ;
- en participant à des activités où la marche est intégrée, même sur de très courtes distances ;
- en respectant les consignes de securite données par l’équipe, notamment sur l’usage du deambulateur, du rollator ou du fauteuil ;
- en valorisant chaque progrès, même minime, plutôt que de faire à la place de la personne.
Pour certaines personnes âgées, un scooter electrique ou un chariot course adapté peut aussi redonner une forme d’autonomie dans les déplacements au sein de la structure, à condition que cela soit validé par l’équipe médicale et encadré pour éviter les collisions et les chutes.
Coopérer avec l’équipe pour ajuster l’aide à la marche dans le temps
Les capacités de marche évoluent avec le temps. Un cadre marche peut devenir insuffisant, un deambulateur rollator peut au contraire devenir trop complexe à gérer, un fauteuil roulant peut s’imposer pour certains trajets. La famille a tout intérêt à échanger régulièrement avec l’équipe sur ces évolutions.
Points à aborder lors des réunions ou des échanges informels :
- les difficultés observées lors des visites (fatigue, douleurs, peur de tomber) ;
- les besoins éventuels de nouveau materiel aide ou d’ajustement (changement de cadre, réglage de la hauteur, remplacement des roues) ;
- les questions sur la prise en charge par la securite sociale et les aides financières possibles ;
- les conseils pour adapter aussi le domicile familial si la personne sort ponctuellement (absence de tapis, barres d’appui, espace pour le fauteuil ou le rollator).
En restant dans cette logique de coopération, la famille devient un véritable partenaire de l’équipe pour soutenir la marche, la securite et la dignité de la personne âgée, sans la surprotéger ni la mettre en danger.